Paru en 1847 sous le pseudonyme masculin d’Ellis Bell, "Les hauts de Hurlevent" sidéra la critique. Dans ce conte d'amour, de vengeance et de mort, Emily Brontë abordait tous les tabous : la famille toxique, l'inceste et le mal. Des trois sœurs Brontë, Emily (1818-1848) demeure la plus énigmatique et la créatrice du plus impitoyable des romans d’amour, dont l’intrigue s’ancre dans les paysages désolés des landes du Yorkshire. Parue en 1847 sous le pseudonyme masculin d’Ellis Bell, cette œuvre romanesque sur fond de passion maudite et de vengeance, unique dans l’histoire de la littérature victorienne, se révéla en décalage avec son époque et sidéra la critique. Car si l’histoire met en scène les sentiments amoureux entre Cathy et Heathcliff, le bâtard adopté, elle déploie aussi une longue et implacable vengeance. Dans ce conte d'amour et de mort, Emily Brontë aborde tous les tabous : la famille, dont elle dénonce la toxicité ; l'inceste, à travers la liaison i...
Le soleil n’est pas le seul à réussir ses mirages. Le brouillard s’affirme non moins bon magicien, qui métamorphose en novembre anglais un juillet suisse. Ainsi, le grand sanatorium, maître de la tempête géologique, en parfait équilibre au sommet d’une vague rocheuse, ce bâtiment, dont les balcons gréés de stores et l’impeccable majesté fraîche repeinte, déjà, par plein beau temps, incarnaient, de la caravelle au transatlantique, l’idée générale de navire, a su profiter de cette brume pour devenir plus et mieux que symbole et entreprendre un voyage parmi les énigmes, non de montagne, mais de mer du Nord. Ainsi se perd jusqu’à la notion de continent. Nul n’ose plus imaginer, en frontières au désert liquide, ces plages, qui seules apaisent les pieds de l’inquiétude. La prison de vapeur polaire, le bagne d’opaque ennui, qui donc tenterait d’en escalader les murailles ? Pas un optimisme n’est assez vigoureux pour espérer une île même encerclée de Gulf-Stream négatif et frissonna...